§ 03Architecture
L'architecture définit l'intention : la forme, la matière, la lumière, la relation intérieur-extérieur, la présence urbaine. Ce qui fait qu'un bâtiment est ce bâtiment-là et pas un autre. Sur les projets où nous intervenons, l'intention architecturale est un invariant à respecter, pas une contrainte à négocier à la baisse. Notre rôle dans le dialogue avec l'architecte est double : parler couramment son langage pour comprendre ses invariants réels (ce qui ne peut pas être touché sans trahir le projet) et ses marges de manœuvre (ce qui peut évoluer sans perte d'identité). Ce discernement, qui ne s'enseigne pas dans une école d'ingénieurs, est ce qui rend le dialogue productif.
§ 04Ingénierie
L'ingénierie impose les lois de la physique, du climat, de la mécanique et du carbone. Structure, thermique, acoustique, physique du bâtiment, résistance au vent, comportement sismique, comportement au feu, chaque dimension a ses exigences propres et ses normes de référence. SIA, Eurocodes, DTU, FIDIC contractuellement : l'ingénierie est le monde des contraintes non négociables. Notre spécificité dans l'ingénierie est la double compétence : calcul structurel et thermique rigoureux d'un côté, conception computationnelle de l'autre. La plupart des BET façade savent calculer. Peu savent également modéliser paramétriquement et optimiser géométriquement en cours de calcul.
§ 05Technologie
La technologie, outils de simulation, de modélisation paramétrique et de fabrication numérique, offre des capacités de calcul spatial et de file-to-factory encore sous-exploitées dans l'industrie de l'enveloppe. Les jumeaux numériques, la simulation des tolérances, la rationalisation géométrique par algorithmes, l'extraction directe des données de fabrication depuis le modèle 3D, ce sont des leviers d'optimisation qui réduisent les coûts, accélèrent les délais et limitent les risques de litiges.
§ 06Construction
La construction, entreprises générales, totales, spécialisées, contractants façade, gammistes, fabricants, subit les risques de tolérance, de budget et de chaîne d'approvisionnement que les trois autres mondes ont générés. C'est dans le monde de la construction que les erreurs des phases amont se traduisent en coûts irréversibles. Notre atelier est né du monde de la construction avant tout. Nous savons ce que coûte une imprécision de tolérance sur un chantier de mur-rideau de 20 000 m². Nous savons ce que génère, en termes de claims, un document d'exécution insuffisamment coordonné. Cette connaissance informe notre travail en amont, dès la conception.
Les quatre mondes ne se réconcilient pas par bonne volonté ; ils se connectent par méthode. La méthode commence en phase ESQ, quand les choix sont encore réversibles à coût marginal, et continue jusqu'à la levée des réserves. Quand un seul des quatre mondes manque dans la pièce d'études, on le retrouve sur le chantier sous forme d'avenants, de claims ou de sacrifice de l'intention. C'est cet écart-là que notre approche cherche à éviter.